• Romain Genet

Les 5 Principes d’intervention pour l’enfant avec trouble développemental de la coordination (TDC)

Il existe différentes données scientifiques récentes qui développent les grands principes de l’évaluation, du diagnostic et de l’intervention auprès l’enfant présentant un trouble développemental de la coordination (anciennement TAC ou dyspraxie).


Ces éléments ont d’abord été rédigés lors du Consensus de Leeds en 2006 par l’ESRC (Economic & Social Research Council). L’EACD (European Academy for Childhood Disability) a validé ces recommandations en 2012 en les renforçant par de nouvelles données probantes.


Au-delà de la prise en charge en ergothérapie, largement préconisée dans la littérature scientifique, pour la prise en charge du TDC, il s’agit d’établir des principes généraux qui permettront de faciliter les interventions auprès de ces enfants tout en permettant une harmonisation des pratiques professionnelles.


Malheureusement, il existe peu de données francophones pertinentes concernant ce trouble. Il est indispensable, pour les praticiens, de lire les revues internationales pour s’informer sur les données les plus probantes.


Le consensus de Leeds (2006), a permis d’harmoniser la terminologie, les critères diagnostics et les pratiques concernant ce trouble. Il est alors décidé d’en finir avec le terme de dyspraxie développementale, au profit du terme actuel : trouble développemental de la coordination. Par la suite, l’EACD (2012), développera des recommandations très précises en matière d’évaluations, de diagnostic et d’intervention.


Dans cet article je développerai uniquement les facteurs facilitant l’intervention. Il s’agit de grands principes que le thérapeute doit chercher à respecter


L’intervention devra :


1. Être fondée sur la participation de l’enfant dans ses activités de la vie quotidienne.


La prise en charge doit être basée sur des activités fonctionnelles qui ont du sens pour l’enfant et sa famille. De ce fait, les approches rééducatives Top Down sont fortement recommandées (CO-OP). L’intervention est basée sur des évaluations. Une intervention de ce type permet d’améliorer la motricité de l’enfant, son indépendance et son estime de lui-même.


2. Respecter les souhaits et les préférences de l’enfant.


L’intervention est centrée sur l’enfant. Ce dernier identifie ses problèmes et détermine ses priorités. Les objectifs sont alors définis avec l’enfant et sa famille. Des outils sont disponibles pour permettre l’autodétermination des objectifs. Enfin, le thérapeute s’assure que l’enfant évalue ses propres progrès jusqu’à obtenir un rendement satisfaisant dans l’activité concernée.


3. Impliquer les parents et professeurs :


De manière à favoriser la généralisation des acquis dans les activités de la vie quotidienne, il est recommandé d’investir l’ensemble de l’environnement social de l’enfant. Le thérapeute s’assure alors de transmettre les informations pertinentes aux parents, professeurs et professionnels. Les acteurs autour de l’enfant devront se coordonner le plus possibles pour faciliter les acquisitions de l’enfant.

Les problèmes évoqués par l’environnement social sont considérés comme prioritaires dans l’intervention. Enfin, il est prouvé que les enfants s’épanouissent davantage dans un environnement compréhensif. De ce fait, il est indiqué de renseigner les personnes autour de l’enfant sur le trouble développemental de la coordination et les données en lien avec ce trouble.


4. Être personnalisée :


Chaque intervention est différente et respecte le contexte et l’environnement de l’enfant (routines, fratrie, financier…). Le thérapeute prend en compte l’ensemble des éléments avant de planifier son intervention. Les éléments facilitateurs seront utilisées pour dynamiser la prise en charge. Quant aux obstacles repérés ils seront supprimés ou diminués pour permettre à l’enfant d’atteindre ses objectifs.


5. Être fondée sur des preuves :


Il existe de plus en plus de données probantes à propos du TDC ou des théories applicables au TDC (développement de l’enfant, analyse de la tâche, environnement favorisant l’acquisition de nouvelles compétences). Certains professionnels, comme les ergothérapeutes, ont une obligation de formation continue et de veille scientifique. Ils utilisent alors les dernières données scientifiques pour agir le plus efficacement.





Ces 5 P sont des prérequis pour une intervention efficace. Il est nécessaire d’être accompagné par des professionnels formés spécifiquement au TDC. N’hésitez pas à questionner les professionnels avant de débuter une prise en charge.




Sources :


https://www.pearsonclinical.co.uk/AlliedHealth/PaediatricAssessments/Motor/MABC-2/Resources/LeedsConsensus06.pdf


https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/dmcn.12008

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